Un Manet si bien caché.

Un Manet si bien caché.

Un Manet si bien caché.

Un manet si bien cache

 

Un manet si bien cache

Un Manet si bien cache[ Dans ce livre, l'auteur retrace le parcours d'un brocanteur de province et de son épouse, qui découvrent un jour, par hasard et pour quelques francs, caché sous une croûte, le portrait d'une ravissante jeune femme. Guidé par son intuition, le brocanteur se lance dans une recherche acharnée et découvre que la jeune femme n'est autre que le modèle et la maîtresse d'Edouard Manet ; Mery Laurent. Le caractère érotique de la toile d'Edouard Manet , peinte il y a plus de cent ans, aurait fait un tel scandale que l'on avait d autre choix que de la cacher. Une intrigue envoûtante, une plongée dans le Paris impressionniste, sous les ors du second Empire, le monde d une femme d'apparente insignifiance, qui tient salon où l'on croise tous les hommes de son temps : le prince de Metternich, Robert de Montesquiou, George Moore, Villiers de l'Isle-Adam, Huysmans, Bloy, Degas, Antonin Proust, Louise Abbéma, Mendès, Sully Prud homme, Champsaur, Paul Adam, Gambetta, Théodore Duret, Emile Banche, Whistler, Odilon Redon, Reynaldo Hahn,Verlaine Mery Laurent a été la Nana d'Emile Zola, l'amour fou de Stéphane Mallarmé et l'Odette Swan de Marcel Proust , révélatrice de talents. Mery Laurent à fait sortir de sa réserve Jules Petroz, qui raconte, d'une manière un peu provocant, son combat titanesque, suite à la découverte d'un nouveau Manet, sur les terres, « chasse gardée », de certains grands marchands et seigneurs du sacro-saint marché de l'art. Match Document No 2883 -- 19-25 aout 2004. Par Anne-Cécile Beaudoin Sous la croûte un Manet ? EXTRAIT: C'était au marché aux puces de Genève, un samedi d'avril 1997.Ce jour là, Jules et Aicha Petroz, antiquaires, chinent à la recherche d'un châssis de tableau. Posé contre une cabine téléphonique, le portrait d'une femme, un pastel terne marouflé sur toile, attire leur attention. Sous le papier un peu déchiré, Jules remarque une tache de peinture à l'huile brune. Y aurait-il un tableau dessous ? Se disant qu'il y a peut-être là billet à gratter, il demande : « Combien pour ce pastel poussiéreux ? 20 francs suisses (12 euros) ! Lance le marchand. O.k. pour 15, c'est tout ce qu'on a. » Et le couple repart avec un portrait défraîchi de 55,5 x 46 centimètres, bien calé sous le bras. Impatients, les Petroz s'arrêtent sur le stand d'un copain, arrachent illico le pastel et découvrent, subjugués, l'étude non signée d'une jeune fille en buste demi-nue, à la chevelure fauve, aux reflets d'or. « Comme elle est belle, s'extasie Aicha. On dirait un tableau impressionniste ! » La bonne blague songe son mari. Dégotter un chef-d'œuvre sur le trottoir, dans le capharnaüm des puces. Trop beau pour être vrai. De retour à la maison, la jolie demoiselle est abandonnée sur un radiateur et plus personne ne lui prête vraiment attention. Jusqu'à ce que l'œil exercé de l'antiquaire s'attarde un peu sur le bleu de la robe, un bleu « Louis XV », comme on dit dans le métier, un bleu brun, un peu pétrole. Et ce noir absolu, doux et élégant sur le collier de chien qui orne le cou diaphane, cette chair tendre modelée à grands pans de lumière, ces coups de brosses impulsifs dans le désordre des mèches, le frottis rouge des oreilles, cette bouche charnue aux ombres bien définie, comme une formule apprise par cœur. Jules ne connaît qu'un peintre au monde capable de telles prouesses : Edouard Manet, l'auteur sulfureux des toiles scandaleuses « Olympia » et le « Déjeuner sur l'herbe ».

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