Ennemond PAYEN

Ennemond PAYEN Marine le Redoutable

$3,500.00
  • Ennemond PAYEN Marine le Redoutable

Ennemond PAYEN

Ennemond PAYEN Marine le Redoutable

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Ennemond PAYEN

Peinture à l'huille 

Le Redoutable (cuirassé)
Le Redoutable était un cuirassé de la marine française construit à partir de 1873. Conçu avec une batterie centrale d'artillerie au lieu des traditionnelles bordées, il fut le premier navire au monde à utiliser l'acier comme principal matériau.

 

Mon frère ENNEMOND né en 1845, fit ses études à l'institution des Minimes à Lyon, puis ses mathématiques spéciales à la rue des Postes, et fût admis à l'Ecole Centrale de Paris d'où il entra comme ingénieur à Bessèges dans la Cie des Fonderies et Forges de Terrenoire, La Voulte et Bessèges, dont mon père était administrateur. Il y reste peu, a santé ne se trouvant pas très bien du séjour et du travail clans cette usine. La guerre de 1870 arrive et, la levée en masse ne se faisant pas assez vite à son gré, il s'engage le 10 août avec mon frère Charles, mes cousins Saint-Jean Girard et Gaston Payen, au 77 régiment d infanteries. 
Envoyés d'abord à Rayonne pour faire leurs classes, ils partent le 1er septembre pour aller renforcer la garnison de Paris, ils sont envoyés au fort de Nogent, ou sur leur demande, ils sont affectes à une escouade d'éclaireurs destinés à renseigner le commandement sur les mouvements de l'ennemi. Ils prennent part, sans dommages pour eux, à quelques escarmouches, puis le 21 décembre leur compagnie est chargée d 'occuper le village du Bourget, elle y parvient, mais le bataillon de mobiles qui devait les soutenir n'étant pas arrivé, le capitaine les fit retrancher dans une ferme en bordure d'une grande rue. Après un temps assez long, les renforts ne venant toujours pas, et les obus de Paris commençant à tomber sur eux, le capitaine commanda la retraite. Mais les Prussiens avaient occupé les maisons en face d'eux et il était sur que les hommes qui tenteraient de regagner Paris seraient tuée les uns après les autres. Mes deux frères et un caporal sortirent les premiers et tombèrent tous les trois, Charles et le caporal pour ne plus se relever. Ennemond frappé d'une balle au côté s'évanouit, main la blessure, amortie par un album de dessins qu'il avait clans sa musette, était sans gravité. Lorsqu'il se réveilla, le capitaine, voyant l'inutilité de sa tentative, avait capitulé et Ennemond avec le reste de sa compagnie fut envoyé en captivité à Minden, en Saxe. 
Quand il revint à Lyon, il avait renoncé à sa carrière d'ingénieur, il alla passer avec son cousin Paul Saint-Jean, quelques 
mois en Algérie, puis désirant, s'adonner à la peinture pour laquelle il avait un goût prononcé, il se fixa quelques années à Paris, où il étudia dans les ateliers de Monginot et de Bastien Lepage ; il fût reçu comme un fils chez notre excellent cousin Alphonse Payen, qui habitait un très joli hôtel à Passy, avenue Raphaël, 22, et chez notre cousin Etienne Récamier. 
Puis il revint à Lyon. Très intelligent et très bien doué, il eut quelque temps l'idée de faire de l'agriculture, étudia pendant deux ans la médecine, tout en continuant la peinture pour laquelle il avait un réel talent. Il avait eu une mention au Salon de Paris, un de ses tableaux était au Musée de Lyon, et Une grande composition représentant la Vierge entourée de St-Blaise et de Ste. Madeleine est dans l'église d'Ecully.

Mon père fit construire pour lui, dans sa propriété, une très pittoresque habitation avec un grand atelier, puis en 1883, il se maria avec une cousine de ma femme, Isabelle Coste, fille d'Eustache Coste et d'Emma Denavit dont il eut cinq enfants; il est mort à Ecully en mai 1896.

Mon frère Charles- est né en 1847, il fit ses études d'abord à l'institution des Minimes, puis sa santé étant assez délicate, il les termina à la maison. Doué d'un physique agréable et d'un très aimable caractère, il semblait destiné à réussir dans le monde. Il se passionnait volontiers pour les grandes et belles causes; c'est ainsi qu'à 20 ans, en 1867, voyant les Etats de l'Eglise envahis par les bandes garibaldiennes, il part pour Rome, et s'engage dans les zouaves pontificaux. Il arriva trop tard pour prendre part aux batailles qui se livrèrent alors, et, à la fin de son engagement de 6 mois, rentra en France décoré de la médaille de Mentena. Il entre alors dans la maison de mon beau-frère Gindre, où il se fait apprécier par son intelligence et son savoir-faire; très bon cavalier, il engage même son cheval " Feu-Follet " sur l'hippodrome de Lyon, sans résultat du reste. Assez mondain, il avait beaucoup de succès dans les salons lyonnais ; puis la guerre éclate, il s'engage comme je ai déjà raconte, avec son frère Ennemond et ses cousins au 77e d'infanterie, et se fait bravement tuer à l'attaque du Bourget, en tentant dans les premiers de sa Cie de sortir, face aux Prussiens, de l'abri où elle s'était réfugiée

Telles fut la belle fin d'un des meilleurs d'entre nous, que ses grandes et aimables qualités semblaient destiner à un brillant avenir. Voici les extraits de quelques-unes des lettres écrites pendant la guerre : 
11 août 1870: Mon cher Papa, vous avez dû souffrir, en apprenant les désastreuses nouvelles de la guerre. Nous vous connaissons, nous savons quel est votre patriotisme, et, ne doutant pas de votre consentement, nous nous sommes engagés Ennemond 
et moi, comme volontaires pour la durée de la guerre. Nous aurions voulu vous dire adieu et nous sommes désolés de partir sans vous embrasser, nous allons au dépôt du régiment à Bayonne, où pendant quelques jours nous apprendrons l'exercice du chassepôt ; nous espérons partir demain.

Nogent, 4 septembre: Nous sommes maintenant de vrais vieux soldats; voilà 15 jours que nous couchons tout habillés et nous dormons aussi bien que dans nos lits d'Ecully. Quant à nos estomacs cette vie leur convient admirablement. Un jour nous mangeons comme des ogres en prévision du lendemain, où nous n'avons quelquefois que du pain, et je vous jure qu'avec tout cela, nous sommes plus gais que vous ne l'êtes et que nous ne le serions à Lyon... Je ne vous ai pas encore dit, pas plus que dans ma dernière lettre à papa, que nous vous aimions 
toujours beaucoup, et pourtant cette idée me poursuit depuis la première ligne, mais vous le savez si bien, à quoi sert de le répéter.
Nogent, 8 septembre: Mon cher Papa, vous me dites que les affaires vont mal, ne vous en tourmentez pas, jusqu'à présent votre fortune flous le permettant, nous avons mené une vie assez large, mais que le besoin s'en fasse sentir, et vous verrez si le courage nous manquera pour nous restreindre, et même gagner notre pain à la sueur de notre front, ceux qui sont réellement a plaindre ce sont ces malheureux comme nous en voyons parmi nos camarades, qui n'ont pour vivre que ce que la générosité du Gouvernement leur accorde, et qui mal vêtus, mal nourris, ne pouvant pas seulement boire du vin, sont exposés a toutes les maladies et à tous les ennuis possibles, vous comprendrez que nous ne pouvons pas rester froids devant cette misère et que notre pain, notre tabac et le reste sont souvent partagés avec les voisins.

Fort de Nogent, 27 octobre: Paris est toujours plein de courage et de confiance dans l'issue de la guerre, nous avons été u plusieurs fois au feu et en sommes toujours revenus sains et saufs. Depuis l'investissement de Paris, on a pris parmi les volontaires qui se trouvent dans les différents corps formant la 
garnison du fort une dizaine d'hommes par compagnie avec lesquels on a organisé une compagnie d'enfants perdus ou guetteurs 
" qui ont pour mission de reconnaître et de surveiller les avant- postes ennemis, à cet effet chaque nuit une trentaine de ces 
hommes, SOUS les ordres d'un officier quittent le fort bien munis de mots et de signes de ralliement et s'en vont aussi loin que possible dans la direction de MM. les Prussiens, nous faisons 
partie de ce corps-là et avons par conséquent de fréquentes escarmouches avec nos ennemis intimes, nous avons entendu siffler pas mal de leurs balles et toutes nous ont respectées, il est même assez rare que nous ramenions un homme blessé, 
nous sommes très contents de notre métier et maintenant complètement aguerris, nous avons pu aller plusieurs fois à Paris 
où nous avons vu Paul Payen, Paul Saint-Jean et tante Gaëtane, religieuse de St-Vincent de Paul. 
Par ballon monté, lettre écrite sur la 3° page du Journal lettres journal de Paris, Gazette des absents, 1" novembre 1870:
Mon cher Père, hier nous avons pu aller à Paris où M. Moret nous a offert un dîner au cheval qui nous a fort restaurés et dont nous avions besoin car depuis quelques mois nous n'avions 
pu manger que notre ordinaire qui n'est pas somptueux. Ce qui se passe dans notre pays m'étonne plus que je ne saurais le dire. La France inondée de Prussiens et leur permettant de la piller et de la dévaster, mais ne peut-elle donc pas se lever et d'un seul mouvement faire rouler dans la boue cette vermine. 
Mon frère Augustin est né en 1848, d'une santé délicate et d'une taille très au-dessous de la moyenne, il avait un caractère timide et craintif, motivé surtout par l'infériorité qu'il croyait devoir résulter pour lui de sa petite taille, après des études aux Minimes d'abord, puis ensuite dans la famille, il entra dans la maison Payen, où après avoir été associé quelques années il épousa en 18... Marie Sabran, fille de Emile Sabran et de Mlle Ponthus-Cinier, qui avait 10 frères ou sœurs. Il est impossible de concevoir deux caractères plus différents que celui d'Augustin et de Marie, lui timide et se défiant de 1ui-même, elle douée d'une vivacité et d'un aplomb incomparables. 
Très gaie, elle aimait les premières années de son mariage, aller dans le monde, puis elle tomba gravement malade d'une maladie qu'elle communiqua à son mari qui en mourut en 1892.

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